La salle des croisades

Au XIXème siècle, Louis Philippe provoqua un engouement pour les preuves de participation aux croisades lorsqu’en 1843 il prit la décision de créer une salle des croisades dans le cadre de son projet de musée d’histoire de France au Château de Versailles.

Il fallait présenter des documents ! On retrouva opportunément deux actes dont Saint-Allais ne faisait pas mention en 1817, passés à Tyr, port du sud-Liban pris par les croisés en 1124 et repris par les Mamelouks en 1291. L’un de ces actes était scellé du sceau d’Hélie pour la garantie qu’il donna à deux seigneurs croisés pour l’emprunt d’une somme de cent livres en l’an 1190.

Les armes La Cropte furent placées dans la deuxième pièce de la salle des croisades, Hélie étant compté parmi les chevaliers de la troisième croisade (1189 à 1192) menée par Philippe-Auguste, qui a succédé à son père Louis VII en 1180, avec Frédéric Barberousse et Richard Cœur-de-Lion.

L’authenticité de ces deux actes est aujourd’hui jugée plus que douteuse : les historiens ont montré qu’en réalité un certain Courtois, habile faussaire, utilisait d’authentiques documents et sceaux médiévaux, en les grattant et en y ajoutant les noms voulus pour les revendre aux familles qui souhaitaient prouver leur présence aux croisades lors de l’aménagement de la salle des croisades au château de Versailles.

Ce subterfuge trompa l’expert de l’époque, bien que des doutes aient surgi assez vite sur l’authenticité des documents. Ce n’est qu’en 1956 que ce mécanisme de falsification fut rendu public.

A la même époque, le blason La Cropte fut aussi placé parmi ceux des familles donatrices descendant des croisés lors de la construction de la cathédrale Saint-Louis de Carthage, aujourd’hui fermée au culte.

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